Serge Bret-Morel se met alors en tête de prouver la véracité de l’astrologie, en faisant la chasse aux pratiques erronées. « Je me suis rendu compte qu’il n’y avait rien de démontrable, qu’on était dans une croyance. J’en suis sorti, après une dépression. J’avais l’impression d’avoir perdu dix années de ma vie. » Aujourd’hui, il se revendique de la zététique – qualificatif donné aux philosophes sceptiques – et combat les affirmations pseudoscientifiques de certains astrologues. Il aime à se présenter comme « un astrologue qui a réussi. J’ai tout simplement appliqué les principes de la pensée critique à l’astrologie. Je suis allé vérifier tout ce en quoi je croyais et mes certitudes sont tombées unes à unes. »
Est-ce à dire que ces croyances disparaissent nécessairement face à une pensée rationnelle et critique ? Pour le politologue Daniel Boy, ces deux systèmes de pensée peuvent coexister. Car l’enjeu, c’est avant tout la « réassurance ». « Y a-t-il vraiment contradiction entre science et parasciences ? Je n’en suis pas certain. Je pense que la science doit rester indifférente aux polémiques suscitées par ces pratiques ésotériques. L’enjeu, bien sûr, c’est de protéger la liberté individuelle et faire attention aux dérives. Se servir de l’astrologie pour prendre des décisions professionnelles, faire des choix de vie importants, ça peut être dangereux », explique le chercheur.