Ce regain d’ésotérisme s’inscrit dans l’air du temps, particulièrement marqué par un besoin spirituel « que les religions traditionnelles ne peuvent plus combler » explique à Marianne Louise Jussian, qui a réalisé l’étude pour l’Ifop et Femme actuelle. « Les grandes religions monothéistes ne répondent plus du tout aux attentes des jeunes, qui sont aujourd’hui inclusifs, trop “woke” pour des cultes jugés conservateurs, sexistes ou homophobes notamment », analyse-t-elle.
Ces croyances, au premier rang desquelles l’astrologie, leur permettent donc de cultiver une dimension spirituelle tout en restant en adéquation avec les valeurs qu’ils défendent. Quant aux jeunes femmes, elles sont particulièrement ciblées par le marketing ésotérique et astrologique: « L’insécurité sociale semble être un facteur favorisant ces parasciences, note Louise Jussian. Les jeunes femmes ont souvent un besoin accru de réassurance car elles peuvent traverser plus de difficultés sociales. »
Rien d’étonnant, donc, à ce que les entretiens avec des pseudo-thérapeutes astrologues se multiplient dans les magazines féminins mais aussi généralistes. Début mars par exemple, l’Obs donnait notamment la parole à la fondatrice du podcast « Z comme Zodiaque », Mathilde Fachan, qui se revendique « astrologue féministe ». Sur d’autres sites Internet, comme celui du magazine Marie-Claire, on trouve l’interview d’une « astrothérapeute », Leah Philpott. Cette Franco-britannique se présente comme « psychologue et astrologue » et défend l’astrologie comme « une sciencequi a fait ses preuves par la précision de ses résultats, mais dont les sources exactes demeureront à jamais mystérieuses », peut-on lire sur son site internet. La professionnelle facture ses séances entre 180 et 350 euros.