Pour Jean-Paul Krivine, rédacteur en chef de Science et pseudo-sciences, le magazine de l’Association française pour l’information scientifique (AFIS), « l’astrologue peut, bien sûr, avoir un certain sens de l’écoute, une dimension psychologique. Ce sont souvent des gens empathiques. » Mais à ce jour, la preuve scientifique de l’astrologie reste un serpent de mer. Car l’astrologie consiste en l’étude du ciel à la naissance d’une personne. De cette cartographie, l’astrologue entend tirer une suite de caractères et d’événements qui marqueront la vie de l’individu en question.« Sauf que le ciel des astrologues ne correspond à rien de ce qu’on connaît, ni en astronomie ni en physique. En physique, on sait comment les influences peuvent s’exercer. Là, on n’imagine pas quels mécanismes physiques pourraient jouer », explique Jean-Paul Krivine à Marianne.
Plusieurs expériences ont d’ailleurs été menées pour tenter de prouver la pertinence de l’astrologie. Parmi elles, une célèbre étude menée par Michel et Françoise Gauquelin. Après avoir étudié le ciel de naissance d’un certain nombre de sportifs, ces chercheurs avaient affirmé que la planète Mars se trouvait chaque fois dans une position déterminée au moment de leur venue au monde. Cette étude, Jean-Paul Krivine la connaît très bien. « L’Association française pour l’information scientifique a voulu la refaire. On s’est vite rendu compte que les Gauquelin avaient dû écarter beaucoup de sportifs au cours de l’étude, ou encore qu’il y avait des problèmes dans le choix de l’heure de naissance… »
Mais alors, comment expliquer que l’astrologie bénéfice toujours d’une telle bienveillance de l’opinion publique ? « C’est très difficile à dire. Si vous donnez une description de personnalité vague et positive à un groupe de personnes, une majorité va s’y reconnaître. C’est ce qu’on appelle “l’effet barnum”. C’est sur ce principe que fonctionne le thème astral », explique Jean-Paul Krivine. La pratique astrale repose donc sur de nombreux biais psychologiques.
Pour le politiste et directeur de recherche au Cevipof, Daniel Boy, qui a longtemps travaillé sur les parasciences, « il faut différencier “l’astrologie de caractère” de “l’astrologie de destin”. L’astrologie de caractère, c’est un peu un jeu, parfois de séduction, c’est très innocent. Et puis, il y a des gens qui croient en l’idée d’une prédestination, qui vont vraiment chez l’astrologue. Ça rejoint d’autres parasciences, la conception selon laquelle ce qui m’arrive dans la vie dépend du destin. Elle permet de mettre de l’ordre dans le chaos du monde ».